Un Témoignage de Santé par soi-même...

Publié le par La Santé Naturelle

 

Médecines parallèles,
arrêt cachets et tabac

 

Durant des années j'ai pris de la drogue. J'ai commencé en 1974, c'était branché. En 84 j'apprends, après avoir réclamé un test de dépistage, que je suis séropositive. A cette époque j'ai trois enfants deux garçons nés en 71 et 73 et une fille née en 1981 et il s'avèrea qu'elle a été contaminée à sa naissance. Nous sommes au tout début de la pandémie et c'est la première enfant, d'après les associations de lutte contre le sida, née d'un contamination mère-enfant. Je ne me sens pas malade à cette époque et je ne veux pas y croire. Comment quelque chose d'invisible à l'oeil nu pouvait m'abattre moi qui avais flirté durant des années avec la mort. Ce sont les gens autour avec leurs propos alarmistes qui me faisaient le plus peur et les images terrifiantes que les médias véhiculaient à l'époque sur le sujet. .

 

Puis, en 1995 mon fils aîné se retrouve en prison et là, je décide de tout arrêter: l'héroIne, la coca?ne, le haschich, le tabac, les médicaments que l'on me donnait depuis l'enfance lesquels m'avaient prédisposée à toutes sortes de toxicomanies. Malgré les recommandations de mon médecin qui m'assure qu'il n'a aucun exemple de gens qui ont réussi à arrêter autant de choses d'un coup sans en payer les conséquences, je n'ai de cesse de me prouver le contraire.

 

Quelques mois plus tard, je me rends compte que l’arrêt brutal de tous mes doudous émotionnels et affectifs se répercute physiquement. Je n'arrive pas à regarder quelqu'un dans les yeux, je ne dors plus, je me sens coupable des péchés du monde entier, je suis en kit, ? puzzelisée ?. Je me retrouve à l’hôpital avec des bleus sur tout le corps et une hémorragie qui ne veut pas s’arrêter. Je ne peux finir la moindre phrase sans que des bouillons de sang surgissent de mon nez ou de ma bouche. Je me fais transfuser tous les trois jours. Je sais que les problèmes de plaquettes sont soit disant irréversibles. J’accepte de prendre pour la première fois une trithérapie et des corticoïdes. Pour quatre mois me dis-je dans ma tête. J’ai conscience que ma fille par mimétisme a tendance à ne plus vouloir prendre la sienne alors qu'elle vient de débarquer chez moi. Je ne l'ai pas élevée et son oncle et sa tante croyant bien faire l'ont médicalisée à mort. Le bon sens et la culpa emportent ma décision!

 

Les molécules me plongent dans une espèce de léthargie. Je l’appelle le syndrome du canapé. Plus rien ne m’intéresse, je suis une combattante qui a abdiqué. Je me traîne du canapé à la douche, de la douche à la cuisine, et de la cuisine à mon lit. Je m'étiole et je vomis, pire ! Je continue à saigner.

 

En plus du cortège d’effets secondaires que m’occasionne la tri-thérapie, je sais qu’en zappant comme une folle devant la télévision, je m’épargne ainsi les frais d’une vraie réflexion. Je suis incapable de la moindre réaction. Je la regarde comme une boulimique avale la nourriture pour la vomir ensuite

 

Au bout de trois mois, je finis par décrocher de cette nouvelle addiction dés que j’arrête la tri-thérapie. Trois mois de piquouzes cathodiques ce n’est pas le bout du monde quand même! Exit, le syndrome du canapé et la tri- thérapie.

 

Alors pour relancer la machine, je fais une cure de chlorure de magnésium que m'a conseillé un ami pour redonner de l'oxygène à mes cellules et plus tard une cure de Desmodium pour nettoyer mon foie de ses deux hépatites soit-disant intraitables par autre chose que des poisons médicaux. Puis, je m’improvise des séances de visualisation au cours desquelles je me mets en situation de guérison. Ca marche, je saigne beaucoup moins.

 

Puis, peu à peu lorsque  mon esprit s’apaise, comme une aventurière, je largue les amarres du conditionnement médical, ses concepts scientifiques, ses schémas mentaux erronés, naviguant entre deux pôles totalitaires : maladie ou guérison. Je détache l’ancre de sa servitude qui n’accorde aucune place à mes ressentis, mes émotions ou à mes sentiments. Je veux explorer d’autres possibles, d’autres probables, balayés par la  brise de l’inédit. Je décide de naviguer vers d’autres approches thérapeutiques, là où les limites imposées n’existent plus.

 

Inspire….expire….respirations profondes….Je détends tour à tour tous les muscles de mon corps, cloués au pilori du stress. Ma nuque me fait souffrir... La douleur irradie jusque dans mes omoplates. Je tente de l'apprivoiser.

 

Pas simple pour moi de me déconnecter de la réalité, de laisser défiler les séquences de mon quotidien  sans m'’y accrocher.

 

Je les remplace par une ballade imaginaire. Au  lieu de vouloir créer des images à tout prix dans ma tête, ce sont d’abord des sensations de chaleur, des couleurs ou des odeurs souvenirs que je laisse venir à moi. Timidement d’abord, ils viennent se confronter à ma mémoire origami repliée sur des années de chaos. Des exercices simples m’aident à progresser. Aujourd’hui, après des années de pratique plus ou moins régulière, au bout de quelques respirations, Je me vois en pleine campagne, sur une plage, au milieu des fleurs ou dans un bois, téléportée dans le contexte de mon choix. Depuis, je fais mes propres enregistrements suivant la problématique à traiter. Tous les soirs avant de m'endormir et le matin avant de me lever, durant presque deux ans, je me répète la même phrase à haute voix une vingtaine de fois et à la fin de mes séances je la répète aussi.

 

Chaque jour à tous points de vue je vais de mieux en mieux...

 

Un jour de janvier, j’ai rendez vous à 13h30 avec une magnétiseuse énergéticienne dans le quartier du Marais. Elle s’appelle Marie France O’leary, une amie de  Montréal m’a fait transmis ses coordonnées.

 

J’arrive en haut des quelques marches qui me posent devant une femme d’une petite soixantaine d'’années, grande, mince et chaleureuse qui m’embrasse dans l’'entrée. Comme je suis hyper sensible, de suite je perçois dans ce contact beaucoup de bienveillance, mais aussi, beaucoup de fermeté sans le côté rigide qui lui est parfois associé.

 

Elle me fait pénétrer dans un petit salon  à la chaleur rassurante, me fait asseoir face à elle dans un confortable fauteuil. Au bout d’un moment, elle me propose de me débarrasser de mon sac en le posant sur une jolie petite table à côté de moi, je me rends compte que je le tiens serré contre mon ventre, comme je pourrais le faire un soir dans un sinistre train de banlieue. Je suis toute en rétention. Tandis que je me déleste de mon précieux fardeau, alors qu’elle me demande en quoi elle peut m’être utile, je lui jette dans un souffle : le vih, mon association, mes enfants en prison, l’écriture, le travail sur moi, la précarité, mes combats. Pareil à une grenade dégoupillée mon fouillis verbal explose à ses oreilles. Je suis sure à ce moment qu'elle va me rejeter. D’un ton très doux elle éteint la mèche, tout en essayant de démêler l’écheveau de mon histoire, elle me demande si nous pouvons nous tutoyer.

 

Autour de moi, tout semble participer à l’apaisement, le regard sans jugement et bienveillant de Marie-France, les paroles qui fleurissent sur ses lèvres, la chaleur du bois des meubles, le moelleux des coussins, la sérénité de l’endroit finissent par calmer mon torrent émotionnel, mon débit verbal.

 

C’est alors que Marie-France me propose une séance de magnétisation, je sais qu’elle a un rendez-vous très important après notre entrevue et je n’ai pas d’argent. Elle semble avoir perçu mes digressions quand elle se met à raconter tranquillement quelques menus morceaux de son histoire, de son arrivée en France en particulier et du troc de compétences qu’elle a su proposer à ses premiers profs de yoga, lorsque ses finances n’étaient pas florissantes. J’accepte la séance, je suis extrêmement touchée.  

 

Ne pas parler de gratuité tout en étant généreuse, ne pas pratiquer l'’humiliante aumône pour celui qui la reçoit.  

 

Être dans la fluidité de l’échange permanent, dans le non jugement procède d’un profond sens humaniste au regard d’un geste que je trouve d’une rare élégance.

 

Elle me fait allonger sur un petit lit puis, elle me recouvre le corps d’un joli plaid écossais en laine mohair qui sent les meubles en marquèterie et les parquets cirés. A peine a t’elle posé la main sur mon sternum, je sens une chaleur se diffuser à travers mon pull tandis qu’aussitôt mon estomac se met à gargouiller. ? Tu es sensible ? me dit elle, ? mais ça, je le sais déjà ?. Derrière mes paupières un rideau de couleurs sombres empêche mon esprit de voyager, il n’arrive pas à décoller, il navigue entre les borborygmes de mes intestins et mes sphincters serrés. Puis, peu à peu, je me relâche alors que mon esprit se délecte et s’envole, au fur et à mesure de la séance vers de belles éclaircies de bleu , de vert de jaune  brodé de rouge pour ce dernier. Là bas, encore plus loin, tout au fond de mes yeux, derrière ma ligne d’horizon, la vie palpite un petit peu.

 

Au bout d’un long moment, quand la séance se termine, les gargouillis de mon ventre se sont tus. Je me sens merveilleusement bien, apaisée. J’oscille entre deux nuages suspendue à une balançoire de sensations aussi agréables que nouvelles

 

J’'ai envie de prendre cette femme dans mes bras et de la serrer, moi si peu encline au contact physique.

 

Elle me dit qu'elle n'habite pas Paris et que l'appartement lui est prêté par unes.amie psychanalyste mais qu'en revanche elle possède une maison dans la Nièvre où elle organise des stages de magnétisme et de ressourcement auxquels elle m'invite à venir gratuitement. L’'émotion doit se lire sur mon visage puisqu’elle me dit que mon visage irradie, tandis qu’elle note mon adresse sur un petit calepin. Nous partons toutes deux au métro saint-Paul prendre notre rame et à la station Bastille, soit une station plus loin,  nos routes se séparent. Je sais que je la reverrais.…

 

Entre temps, je contacte un homme sur le site d'un ami. C’est un type d’une soixantaine d’années qui habite dans l’Ariège et que, quatre ans  plus tard, je n’ai toujours pas rencontré physiquement. Il commence par me dire qu’il va m’envoyer une liste avec des questions sur mes ressentis et sur certaines de mes pathologies d’enfance ou actuelles, auxquelles il me faudra répondre le plus simplement possible. Deux jours plus tard, je reçois le questionnaire que je remplis et que je lui  renvoie par internet comme il me l’a demandé. Il se sert de l'homéopathie uniciste selon Hanheman comme base et il connaît le répertoire de Kent par coeur. Il en a fait un logiciel qu'il m'a offert  depuis pour que je pratique aussi. Il ne fait pas cela pour l'argent.

 

Durant quatre jours il va travailler à trouver le remède de terrain qui me correspond, puis pour en avoir la confirmation il m’envoie une liste de symptômes clés, que l’on ne retrouve dans aucun autre remède que celui qu’il a trouvé et, dans lesquels je suis censée me reconnaître. Le petit plus est que je ne suis pas obligée de lui dire de quels symptômes il s'agit. De toute façon il est très difficile de parler à un inconnu que l'on a jamais vu de ses intestins, de son intimité en général surtout squand il n'est pas médecin.

 

Quelques jours plus tard, je commence mon traitement avec une dilution basse de 4 ch de mon remède dont je dilue une seule granule dans un demi litre d’eau que je dois re-dynamiser au moment d’en avaler une ou plusieurs cuillères à dessert en le secouant une douzaine de fois. Au moment de la préparation, je ne peux m’empêcher de sourire me disant que je m’accroche à n’importe quoi, pour ne pas avoir à avaler un jour cette immonde tri-thérapie. Pour l’heur, je dois partir une semaine à Djerba  J’emmène mon traitement avec moi que j’ai commencé depuis deux jours. Le premier soir je m’endors normalement et, le lendemain je me réveille avec une affreuse douleur à la vessie qui me fait horriblement mal. J’appelle Pierre qui me demande si cela ne me rappelle rien comme symptôme et lorsque je raccroche je me souviens avoir eu ce type de douleur au cours d’une infection urinaire carabinée à l’âge de dix onze ans. Sur ordre du médecin ma mère qui était aide soignante à l’hôpital avait du me faire pendant de longs jours, un traitement à base de pénicilline en injection intramusculaire. Je me dis que cela doit être une coïncidence que quelques cuillérées d’un hypothétique remède homéopathique, aussi puissant soit il, ne peuvent provoquer des réactions aussi spectaculaires, dans un temps aussi court. Je continue cependant à avaler mes cuillers et, quelques jours plus tard alors que je suis toujours à Djerba, des bleus apparaissent partout sur mon corps, je me dis aussitôt que mes plaquettes sont entrain de me lâcher une nouvelle fois mais, je n’ai pas de saignements, je ne suis pas fatiguée comme dans les phases précédentes et identiques. Je suis impressionnée par cet enchaînement de symptômes qui se suivent et ne se ressemblent pas. Le plus incroyable de cette histoire est qu’à chaque nouvelle manifestation symptomatique, j’ai l’impression de louper une marche dans l’escalier de mon cerveau me donnant accès à une partie de ma psyché que je ne connais pas. Je décortique mes peurs. En fait, j'avais peur de quelque chose qui n'existe pas mais que mon conditionnement médical et social me faisait tenir pour acquis. Je m'’impressionne.…

 

Je retourne voir Marie-France pour un stage de magnétisme. Je suis très douée semble t'il, enfin d'après ses dires à cette époque. J'en sors  et avec un diplôme de base et une indéfectible amitié. Puis, elle m'invite à faire la seconde partie de deux de ses conférences à travers la France ce qui me  donne beaucoup d'assurance en moi et pose un horizon sur ma vie. Elle m'emmène chez un ami magnétiseur à Saint- Etienne, puis en vacances pour quelques jours à l'île de Ré. Dans la voiture elle me demande de poser ma main sur sa nuque douloureuse. Ca lui fait du bien. Enfin quelqu'un qui croit en moi!

 

Peu à peu, mes pathologies disparaissent. Mon médecin hospitalier m'appelle un soir à 22 heures, estomaqué pour me dire que mon hépatite C est négative, comme si je ne l'avais jamais attrapée, ma B a guéri. Je n'ai plus de problème de plaquettes sanguines.

 

Aujourd'hui, je ne prends aucun cachet et ce, depuis des années.

 

Quelques symptômes remontent parfois encore à la surface. Par exemple, il y a peu j'étais à Avignon et du jour au lendemain une énorme boule sur ma joue devant l'oreille, derrière l'oreille qui descend jusqu'au cou qui me déforme le visage apparait. Tous mes amis sont paniqués: une otite! J'en ai fait plein petite. Pas de douleur et pas de fièvre,. Juste de quoi faire peur. Mes amis réussissent à me faire un petit peu paniquer. Je mets donc des huiles essentielles dans de l'huile d'olive que j'instille dans mon conduit auditif. Ca se met à gonfler encore. Une horreur! Depuis, j'ai arrêté et tout est rentré dans l'ordre. Au fond je le savais que ce n'était qu'un symptôme et non pas un épisode infectieux. Je n'en ai plus depuis des années.

 

Ce qui prouve bel et bien que la peur est le berceau des maladies.

 

Je suis une hyper active qui n'arrête pas une seconde, écriture, slam, présidence d'une association autour du thème des familles face à l'enfermement d'un proche, apparitions télévisées, animation une émission de radio autour de ce même thème (j'ai reçu un producteur de France culture dernièrement), pratiques de séances de visualisation et de magnétisme pour les autres, tarologie philosophique et psychologique etc.

 

Je pourrai noircir des pages et des pages pour parler de ma guérison et de la façon dont j'ai agi sur mon esprit pour gérer tous les conflits qui malmenaient mon corps mais qui m'ont prévenu qu'il était temps de changer ce qui dysfonctionnait en moi. Il m'a fallu tomber gravement malade pour guérir.

 

D'ailleurs,  je crois que c'est le seul chemin ... avec l'amour. 

 

Catherine Charles

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